Peintre de formation, Denis Santelli fait dialoguer l’héritage classique et l’expérimentation technologique en hybridant peinture traditionnelle, modélisation 3D et robotique. Ses œuvres parlent de notre rapport au virtuel et nous questionnent sur la part restante de notre humanité dans une ère contaminée par le numérique.

Le processus débute par la sélection minutieuse d'une plante. Qu'il s'agisse de sa lignée, de son esthétique singulière, ou encore de la musicalité poétique de son nom, cette première rencontre doit révéler un potentiel de métamorphose. Souvent ce sont des adventices, de mauvaises herbes » ou « herbes folles ».

Le végétal est d'abord capturé par scanner 3D pour en obtenir un double virtuel.
Sur logiciel, cette structure naturelle subit une déconstruction chirurgicale : par soustraction, translation et changement d'échelle. L'éclairage, les couleurs et les contrastes sont retravaillés pour sculpter cette nouvelle entité. Le maillage polygonal résultant est ensuite isolé, créant un dessin filaire qu'un robot reporte sur la toile.

Le résultat final est une peinture à l’huile exécutée à la main qui se superpose au tracé. Il y a une tension entre la précision robotique et le geste manuel et la vibration du pinceau. Les accidents dus au médium de la peinture se combinent à la froideur du tracé mécanique apportant une dimension profondément humaine.

À travers cet entrelacement entre l'humain, la machine et le végétal, Denis Santelli dépose une couche de poésie sensible sur notre monde technologique, révélant une humanité en quête d'équilibre entre le vivant et le virtuel.